En janvier 2016, les Etablissements Publics ont subi un changement majeur au sein de leurs organisations : la réforme GBCP.

Qu’est-ce que la GBCP ?

La « réforme GBCP » porte sur une révision en profondeur du cadre général qui structure la gestion budgétaire et comptable de l’État et de ses opérateurs. Elle concerne la remise en cause du décret de 1962 qui impliquait la séparation de l’ordonnateur et du comptable pour les établissements publics utilisant l’instruction comptable M9, la réforme s’applique donc à 700 Établissements Publics.

Elle repose sur le décret 2012-246 du 7 novembre 2012 relatif à la Gestion Budgétaire et Comptable Publique. Elle s’articule à travers plusieurs textes tels que le projet de référentiel du 21/08/2013 et « Référentiel définitif » du 06/12/2013.Le «  Dossier de prescriptions générales » du 31/12/2013 suppose qu’au 1er janvier 2013, les dispositions relatives à la modernisation des organisations, au contrôle interne et au pilotage des emplois et de la masse salariale, soit applicables. Depuis, a été publié le « Complément sur DPG » le 31/03/2014 et le « Cahiers DPG Complémentaires et évolutions des anciennes parutions » 10/04/2014.

C’est au 1er janvier 2016 que s’appliquent les dispositions ayant le plus lourd impact sur le cadre budgétaire et comptable des établissements.

La GBCP entraîne un bouleversement de l’organisation interne des finances des établissements publics (voir le premier bilan sous forme d’infographie)

Le passage du plan comptable budgétaire à la gestion en AE/CP

La comptabilité budgétaire va être refondue. Le plan comptable va être remplacé par une administration plus souple et globalisée du budget, à travers une gestion des engagements des dépenses faits par l’établissement public, et un enregistrement des crédits de paiements consommés. De ce fait, les blocages seront moins nombreux et la remontée d’information plus généralisée.

La gestion prévisionnelle du budget sera plus fine et fondé sur un ensemble d’alerte et d’indicateur qui aura pour but d’éviter une obstruction à la consommation des CP. L’introduction de la notion d’autorisation d’engagement permet de retracer de manière pluriannuelle les engagements pris sur l’ensemble des dépenses.

La pluri annualité est ainsi confirmée comme axe essentiel de préparation et d’exécution du budget, ce qui permet le croisement entre la stratégie exprimée dans le projet d’établissement et la programmation budgétaire. Ce changement de traitement du budget va impacter le rôle de l’ordonnateur.

Actuellement, l’ordonnateur prescrit l’exécution des dépenses et des recettes. Il est seul juge de l’opportunité d’une décision, il se fondait sur le plan de compte budgétaire. Avec la GBCP l’ordonnateur s’occupera de gérer la comptabilité des autorisations d’engagement et la comptabilité des autorisations d’emplois. Le contrôle se fera sur le plan opérationnel notamment avec la mise en place de l’autorisation de paiement au service fait.

Le mode de gestion va se faire de manière à enregistrer la destination et l’origine des fonds engagés, ce qui induit pour l’ordonnateur une planification plus certaine du budget.

D’un autre côté, le comptable exécute les ordres de l’ordonnateur en tant que payeur et caissier après vérification de leur régularité. Il a seul la charge de manier les fonds et de tenir les comptes.

La GBCP lui donnera le rôle de gérer la comptabilité des crédits de paiement et la comptabilité des recettes. Enfin, le contrôleur de gestion était auparavant chargé de suivre le plan comptable et de vérifier son bon fonctionnement et sa validité. La GBCP renforce son rôle, il sera en charge de la traçabilité des actions menées dans le logiciel de gestion. En parallèle, il conduira la comptabilité analytique en publiant des rapports et des tableaux permettant de retracer la répartition des fonds et des dépenses dans l’établissement.

Le but est de créer une collaboration plus étroite entre la construction et l’exécution du budget. Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez l’article « Le GBCP, une réelle aide au pilotage des établissements publics« ?

Les évolutions que le décret apporte par rapport à la LOLF

Dans le cadre de la LOLF, le budget n’est plus présenté par nature de dépenses (personnel, fonctionnement, investissement, intervention, etc.), mais par politiques publiques (sécurité, culture, santé, justice, etc.) désormais appelée missions. Le Parlement et le citoyen sont ainsi en mesure d’apprécier la totalité des moyens déployés pour mettre en oeuvre chaque politique de l’État.

La LOLF impliquait déjà une gestion du budget par programmes et action LOLF. Ils sont déterminés par l’État et définissent les obligations d’engagement à faire pour les établissements publics.

La LOLF permet donc retour vers l’État des actions budgétaires entreprises par les organismes publics. La GBCP oblige à faire figurer l’origine des recettes donnant une vision complète des flux financiers dans les actions de l’État.

En conclusion, la réforme de la GBCP va impliquer une refonte globale de la comptabilité des établissements publics, tant du point de vue de l’organisation interne des services et du circuit de validation que des rôles du comptable et de l’ordonnateur.

Ces changements se traduisent par l’apparition de nouveaux besoins fonctionnels auxquelles le logiciel Eksaé Suite Finances Etablissements Publics répond de manière exhaustive.

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Autorisation d’engagement (AE) :

Les AE constituent la limite supérieure des engagements pouvant être pris par l’établissement au cours d’un exercice budgétaire (année civile). La consommation des AE  est marquée par un engagement sur un montant ferme et déterminé vis-à-vis d’un tiers, y compris sur la part qui sera décaissée sur les exercices futurs.

Crédit de paiement (CP) :

Les crédits de paiement constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être payés pendant l’exercice. La consommation des CP représente le moment où l’agent comptable paie une dépense.

Comptabilité budgétaire :

Le budget est l’acte par lequel sont prévus et autorisés les recettes et les dépenses ainsi que les emplois (article 7 du décret n°2012-1246). La comptabilité budgétaire a pour vocation de gérer le budget dans les différents chapitres qui le composent à travers la prise d’engagement, la rentrée gestion des recettes, etc. Elle est réformée par la GBCP s’articulant à présent entre les AE (autorisations d’engagement) et les CP (crédits de paiements)

Comptabilité analytique :

La comptabilité analytique a pour objet de faire apparaître les éléments de calcul du coût des services rendus ou du prix de revient des biens et de produits fabriqués, ainsi que de permettre le contrôle du rendement des services. La comptabilité analytique est autonome. Elle se fonde sur les données de la comptabilité générale. Selon la nature des organismes publics, les objectifs assignés à la comptabilité analytique et les modalités de son organisation sont fixés soit par le ministre des Finances, soit, conjointement, par le ministre des Finances et le ministre intéressé.

Dématérialisation :

Elle consiste à mettre en oeuvre des moyens électroniques pour effectuer des opérations de traitement, d’échange et de stockage sans support papier.

Engagement juridique :

L’engagement juridique est l’acte par lequel un organisme public crée ou constate, à son encontre, une obligation de laquelle résultera une charge. L’engagement juridique se réalise par la notification d’un acte contractuel, un marché public, mais aussi par un achat dématérialisé, par exemple au moyen d’une carte d’achat, il engendre un crédit de paiement. Il doit être précédé de l’engagement comptable qui s’assimile à une réservation des crédits budgétaires.

Exécution des dépenses :

Elaboration et suivi des engagements juridiques vis-à-vis d’un tiers, donnant lieu, pour un montant déterminé, à la consommation des AE. Le service fait est matérialisé dans le système d’information et valorisé en comptabilité générale, indépendamment de la facture fournisseur. Le paiement de la dépense donne lieu à la consommation des CP.

LOLF :

La loi organique relative aux lois des finances (Lolf) du 1er août 2001 réforme en profondeur la gestion de l’État. Elle est entrée en vigueur par étapes et s’applique à toute l’administration depuis le premier janvier 2006. La Lolf consiste en une nouvelle architecture du budget général de l’État, non plus définie par ministère, mais par missions, programmes et actions. Une mission peut concerner un ou plusieurs ministères. Un programme est un regroupement de moyens d’une politique publique : elle est conduite par un ministère selon une stratégie définie. Une action identifie les moyens et modes d’action des acteurs d’un programme.

Service fait :

C’est la base de paiement de la comptabilité publique, un paiement ne peut être effectué que sur un service déjà exécuté.

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